Restauration de Meubles

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Historique des Armoires Normande

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LES ARMOIRES NORMANDE

          C'est au XVIII ème siècle que l'armoire normande prend la forme caractéristique qu'on lui connaît aujourd'hui : à deux vantaux, reposant sur des pieds galbés et munie d'une ample corniche à large décoration sculptée, elle allie structure et répertoire Louis XV aux motifs Louis XVI. C'est à cette même époque de stabilité économique et sociale permettant une certaine élévation des conditions de vie qu'elle entre dans les demeures bourgeoises et paysannes. Aujourd'hui encore, elle symbolise au regard de tous mariage et création du nouveau foyer.

          Destinée à serrer le trousseau de la mariée, le linge et les économies du couple, elle faisait pendant dans la salle commune à l'armoire de la belle-mère. Si réalisation était l'objet d'une commande particulière auprès d'un ébéniste sculpteur local qui proposait aux parents dessins et modèles souvent inspirés des ornemanistes parisiens. Ces motifs régionalisés - gerbes de blé, râteau, cornes d'abondance, attributs des arts - brossent un « portrait » de ces propriétaires agriculteurs, commerçants, nobles. Ils se mêlent à un riche répertoire floral : églantines, marguerites, roses... Si une armoire à rose unique était le modèle le plus simple, celle à plusieurs roses était le plus riche, beauté et prix dépendant en effet de l'ornementation et du nombre de ces fleurs.

          L'armoire normande se décline en autant de variantes que d'entités régionales : Seine-Maritime, Orne, Calvados, Eure et Cotentin. A chaque département correspond un type particulier de décor : les marguerites dans l'Eure, les draperies et rinceaux à quatre enroulements à Tinchebray, les colonnes d'angles à Vire, la corniche en chapeau de gendarme dans le pays de Caux...

          Pourtant, au-delà de ces variantes, l'armoire normande se reconnaît entre toutes à la corbeille de fleurs, au couple de colombes se becquetant, au carquois garni de flèches et croisé par une torche ou au panier fleuri sculptés en haut-relief au centre de la corniche. Tout aussi significatifs sont les médaillons obliques ornés de divers attributs sur les panneaux chantournés. Pour ces sculptures, on utilisait parfois le chêne de Prusse d'une texture plus souple et donc plus facile à travailler (il fut importé de Riga à Fécamps à partir de 1814).

          D' une manière générale, le chêne reste le bois de prédilection, notamment le chêne « merrain » dont on apprécie l'effet marbré très décoratif. Le merisier, l'orme et le sapin, bien que plus modestes, font partie des essences également utilisées. Participent à la richesse d'un modèle les garnitures, serrures et fiches en fer forgé pour les plus anciennes, en cuivre pour les plus récentes ; elles forment de délicats feuillages ou des motifs zoomorphes (têtes de coq, dauphins, cols de cygne) ou sont gravées de paniers fleuris.

Armoire Normande
Armoire Normande


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