Restauration de Meubles

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Historique des Bureaux de Pente

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Rabot


LES BUREAUX DE PENTE

          J'ai été la première femme qui ait eu un bureau, ce que l'on critiqua beaucoup d'abord, et ensuite presque toutes les femmes en eurent » nous dit la jeune Stéphanie du Crest de Saint Aubin, future comtesse de Genlis, dans ses Mémoires. On se plairait dès lors à l'imaginer s'initiant à l'écriture sur le petit meuble à la mode des salons et boudoirs de son enfance : le bureau de pente, meuble féminin par excellence. Manifestation la plus aboutie du style Louis XV, ce dernier appartient totalement à ce règne par sa forme galbée, son élégance raffinée et son originalité. C'est en effet bien plus qu'un simple meuble à écrire car il allie à la table-bureau classique les fonctions du secrétaire. Son abattant révèle une série de casiers et secrets destinés à serrer papiers et documents précieux. Subtil équilibre donc entre les petites tables à écrire très en vogue à l'époque et les secrétaires.

          Le bureau de pente, mentionné pour la première fois dans les registres du Garde Meuble en 1733, connaît une carrière fulgurante mais éphémère ; il est démodé à l'arrivée du style néoclassique vers 1760, évincé par la révolution du bureau à cylindre.

          A l'origine, c'est un simple pupitre indépendant posé sur une table à quatre pieds solides. Les premiers modèles trahissent cette genèse, ils en conservent les formes géométriques et la nette séparation horizontale comme la jonction du pupitre et de la table encore imparfaite. Cette silhouette brisée est généralement caractéristique des bureaux de la génération d'avant 1750. Très vite, ce modèle évolue. Suivant les grâces du temps, il se galbe, ondule sous les formes courbes, et la ceinture, jusque là rectiligne ou alternée d'éléments droits et de s, s'incurve pour former un feston délicat et régulier. Il dessine fréquemment un creux médian, plus rarement un renflement. Les pieds délicatement cambrés supportent la tablette oblique qui forme écritoire, s'ouvre et s'abaisse. Elle est supportée par des tringles puis des charnières mises sous l'abattant. Des petits tiroirs disposés en gradin abritent au centre une cavité avec plateau coulissant qui donne accès au petit « coffre-fort » comme on l'appelle au XVIII ème siècle. Ce modèle classique, meuble « volant » s'il en est, a souvent des dimensions modestes convenant à ses petits déplacements de la chambre au salon par exemple. Parallèlement à ce type, de nombreuses variantes furent élaborées, certains ébénistes tels Dubois, Bernard Van Riesen Burgh (BVRB) ou Migeon s'étant fait une spécialité du genre.

          On rencontre en effet des bureaux de pente à tiroirs en ceinture, rappelant fortement les commodes à battant ou des exemplaires à caissons latéraux, proches eux aussi des commodes ou des coiffeuses. Plus rares sont les modèles à battant fractionné ou les bureaux d'angle. Le musée J. Paul Getty conserve l'exceptionnel exemplaire à double pente, estampillé BVRB. Du point de vue du décor, le bureau de pente s'orne de la traditionnelle décoration Louis XV. Marquetée en feuilles dans des encadrements en placage de bois de rose, de violette ou de palissandre le plus souvent, elle forme parfois sur la tablette oblique une délicieuse composition florale ou une nature morte. Sur un modèle de qualité, cette marqueterie ne néglige pas la partie antérieure. Les applications de bronze doré, plus discrètes sur ce type de meuble, soulignent justement les lignes galbées des jambages, les entrées de serrure sans surcharger outrageusement le meuble. La primauté du galbe est totale, et on reconnaît un modèle de qualité à l'équilibre et à la perfection de ses lignes, ainsi qu'à la justesse de ses proportions.

Bureau de pente d'époque Louis XV
Bureau de pente d'époque Louis XV


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