Restauration de Meubles

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Historique de la Commode Louis XV

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Commode Louis XV

«Une commode est une grande table, avec de grands tiroirs et de beaux ornements», écrit Madame, mère du Régent en 1718. Si «le mot est nouveau», dit Trévoux dans son Dictionnaire (1771), les inventaires mentionnent dès le début du siècle ce meuble bas à plusieurs tiroirs reposant sur des pieds plus ou moins hauts. En juillet 1708, le duc d'Antin rendait compte au roi : «J'ai passé par Paris pour voir chez Guillemar les deux commodes qu'il fait pour la chambre de votre Majesté à Marly».

Commode d'époque Louis XV
Commode d'époque Louis XV


Mais c'est à Charles Cressent qu'on accorde l'élaboration du type classique à deux rangs de tiroirs, posé sur des pieds hauts et élancés. Il coexiste avec le type Régence, dit « en tombeau », à trois rangs de tiroirs descendant bas sur des pieds courts, dont le succès perdure tout au long du XVII ème siècle. Dans les deux cas, il est couvert d'un plateau marqueté ou plus communément d'un marbre blanc, griotte, gris, brèche, ou rouge royal pour les plus luxueux.

1740, date à retenir dans l'histoire de ce meuble, voit la suppression de la traverse médiane placée entre les tiroirs et la disparition du ressaut. Dès lors, le tablier fera corps avec le tiroir inférieur. Cette évolution permettra d'obtenir une surface homogène propice à l'essor du décor qui dissimulera la structure du meuble. Sur des bâtis, souvent de sapin ou de chêne, la commode Louis XV est rehaussée de placage de bois indigènes et exotiques, le bois de rose servant presque toujours de fond de marqueterie.

Dans L'Art du menuisier, Roubo distinguait la marqueterie en « jeux de fond » et la marqueterie en mosaïque. La première vise à l'application par collage d'une mince feuille de bois précieux, dont les effets décoratifs sont obtenus en fonction du sens des veines du bois : diagonales, rayons, losanges. La seconde, appelée aussi « peinture de bois », dérive de l'intarsia. Les motifs choisis sont en effet tracés sur le bois, découpés et composés tel un puzzle. Ce sont des bouquets, des natures mortes, des paysages ou des branchages, chaque ébéniste possédant ses propres modèles. La décoration recourt aussi à des laques orientales. On utilise d'abord des objets importés d'Extrême-Orient (coffrets, cabinets, paravents), débités et appliqués en minces feuilles sur les bâtis : des paysages, de petites architectures et des personnages peints au pinceau sur différentes couches de laque, motifs polychromes et dorés sur fond noir ou rouge ; ils peuvent aussi être en relief modelés et sculptés. On tenta très tôt de les imiter, et aux Gobelins se créa un atelier réservé « aux ouvrages de la Chine en peinture et dorure pour le roi ».

Vers 1745, les célèbres frères Martin mirent au point la formule d'un vernis dans le goût de la Chine. Ultime évolution, les scènes européennes, pastorales ou scènes galantes remplaceront les scènes exotiques à pagodes. Servant de cadre à ces panneaux laqués, les bronzes constituent enfin la parure traditionnelle de la commode Louis XV. Ces motifs étaient dorés au mercure appelé « or moulu » ou enduit d'une simple couleur d'or. En forme de rinceaux, de rocailles, ils soulignaient poignées, entrées de serrure et sabots jouant un rôle à la fois utilitaire et décoratif. La commode d'Antoine Gaudreaux pour la chambre de Louis XV à Versailles en est l'un des plus beaux exemples. Vers 1760, les décors s'enrichissent de plaques de porcelaine, généralement de Sèvres comme celles peintes par Charles Nicolas Nodin pour la commode de Madame du Barry au musée du Louvre.

Commode d'époque Louis XIV
Commode d'époque Louis XIV


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