Restauration de Meubles

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Historique des Encoignures

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LES ENCOIGNURES

          Il est certain que l’aménagement de l’angle de la pièce a posé des problèmes que l’on a cherché à résoudre à toutes les époques. Cependant, il est rare de trouver de véritables meubles d’angle avant le XVII ème siècle.

          Aux XVII ème et XVIII ème siècles, les encoignures suivent les grands styles et sont soit peintes, soit en bois précieux et décorées de bronzes et de marqueterie, soit encore en laque. Dans les styles régionaux, elles sont généralement réalisées en bois fruitier.

          Au XIX ème siècle, l’encoignure suit également les grands styles du début du siècle. Meuble utilitaire, elle a aussi trouvé sa place dans les styles plus bourgeois vont subsister jusqu’à nos jours. Ce sont de petits éléments d’aménagement charmants mais sans grand intérêt pour l’histoire des styles.

          1900 et 1925 : l’encoignure va disparaître presque sans que l’on s’en aperçoive. Le «cosy-corner», roi de la décoration des années 25-30, va sonner en quelque sorte son arrêt de mort, momentané espérons-le.

          Aujourd’hui l’encoignure disparaît complètement au profit d’aménagements de plus grandes surfaces murales. En effet, avant 1914 avait déjà été présentée une amorce du type de décoration actuelle. L’efficacité et la multiplication du meuble de rangement, construit sur place, intégré à l’architecture, réalisé par éléments juxtaposables ou additionnés, s’intéressent toujours à l’aménagement de l’angle mais conçu dans un ensemble. On voit donc beaucoup de bibliothèques d’angle, beaucoup de placards d’angle à éléments de rangement tournant – même dans les cuisines – mais on ne voit plus d’encoignures proprement dites. On peut regretter que les «designers», successeurs contemporains des «maîtres» d’autrefois, n’aient pas encore pensé au matériaux nouveaux, plastique, acier, par exemple, pour créer des meubles d’angle originaux.

          L’encoignure à un corps, petit meuble bas que l’on peut assimiler selon sa forme à un petit buffet ou à un bahut, est à une ou deux portes pleines, souvent décorées. Ce type de meuble présente une façade arrondie ou plane, donnant au meuble la forme d’un quart de cylindre ou celle d’un tétraèdre. Dans ce dernier cas, de petits panneaux de côté, décorés eux aussi, donnent un peu plus de volume et sont nécessaires pour permettre des portes planes. De face, l’encoignure prend alors l’aspect d’un meuble droit.

           L’encoignure à deux corps, moins courante, est conçue comme les grandes armoires deux corps des XVII ème et XVIII ème siècles. Généralement le corps du haut est en retrait et un peu moins large que le corps du bas. Parfois, le corps du haut est traité en vaisselier à portes vitrées ou même en bibliothèque. Dans certains cas, il s’agit d’étagères du type vaisselier régional, mais la forme imposée par l’angle donne beaucoup d’élégance à la partie haute qui se termine en pointe.

          L’étagère d’angle est souvent une sorte de modèle réduit de la grande encoignure deux corps, partie basse à portes et étagères au-dessus. C’est un petit meuble-objet, souvent peint, intéressant et très décoratif.

          L’armoire d’angle est un grand meuble assez rare, mais toujours beau, surtout si la façade est bombée. Autres meubles d’angle. L’utilisation de l’angle d’une pièce a permis d’autres types de meubles qui ne sont plus alors des meubles de rangement comme l’encoignure telle qu’on l’envisage habituellement : console d’angle à un seul pied décoré en façade, petite table triangulaire à trois pieds, fauteuil d’angle, fréquent dans le style provençal, canapé d’angle, très souvent repris dans le mobilier contemporain qui en a fait une des spécialités.

          Le piètement des encoignures mérite qu’on l’examine. En effet ce type de meuble à posé un problème d’équilibre, surtout lorsqu’il est à façade arrondie ou à deux corps. Bien souvent, le piètement n’existe pas et on a traité le meuble comme les meubles-boiseries en constituant un socle au ras du sol. Souvent encore, le problème a été résolu en dotant le meuble de quatre pieds, la façade en possédant trois dont un central, quelquefois caché à l’avant sous un décor. Parfois, cependant, l’artisan a su résoudre le problème de l’équilibre du meuble sur trois pieds, un dans l’angle et seulement deux sur les côtés.

          Les tiroirs qui posaient un problème technique évident sont également très rare sur les encoignures. Parfois des façades faux tiroirs entourent un seul vrai tiroir central de forme carrée.

Encoignure d'époque Louis XV
Encoignure d'époque Louis XV


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