Restauration de Meubles

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Historique des Meubles à Écrire

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Rabot


LES MEUBLES À ÉCRIRE

          Inconnue au Moyen Age, la table fixe apparaît au cours du XVI ème siècle. Sous Louis XIII elle sera encore entièrement recouverte d’étoffe ; ce n’est que vers le milieu du XVII ème siècle avec le bureau Mazarin que l’on peut véritablement parler de « meubles à écrire ».

Bureau d'époque Louis XV
Bureau d'époque Louis XV

          Le style Louis XIV reprendra ce modèle en lui conférant plus d’ampleur et de majesté ; les recherches des ébénistes aboutissent au bureau plat à tiroirs superposés de chaque côté ; ce type s’est conservé jusqu’à nos jours. La diversité des meubles du XVIII ème siècle apparaît dans les innombrables exemples de meubles à écrire dont certains figurent parmi les plus heureuses réussites des ébénistes Français.

          Au temps de la Régence, le bureau plat à plateau rectangulaire est le modèle le plus répandu ; sous Louis XV, son profil mouvementé sera souligné d’un quart de rond de cuivre et ses angles protégés de bronzes dorés, sa ceinture comprenant trois tiroirs. Tout au long du siècle, ce bureau sera souvent accompagné d’un serre-papiers : petite armoire surmontée de casiers à cartons et terminée par une pendule. Mais la nécessité ou le goût d’enfermer papiers et « secrets » donnera naissance à des meubles nouveaux : secrétaire en pente, en armoire, à cylindre.

          Vers 1730, un gradin fixe placé de face et fermé d’un abattant brisé crée le secrétaire en pente. Ce meuble destiné à être placé au centre de la pièce est décoré, sur toutes ses faces, de placage, marqueterie ou laque. Un même désir de rangement secret déterminera l’avènement du secrétaire en armoire dont l’abattant est vertical ; un des premiers modèles de dimenssions réduites est l’exemplaire violonné portant l’estampille de J.F Leleu et que l’on peut voir au Musée des Arts Décoratifs. Les recherches des ébénistes du milieu du XVIII ème siècle en vue de « mécaniser » certains meubles aboutiront au secrétaire à cylindre dont l’invention appartient à J.F Oeben et dont bénéficiera le bureau qu’il commença pour le roi et que Riesener livrera à Louis XV en 1769. L’abandon des lignes courbes du style Louis XV ne se fera pas du jour au lendemain ; le « bonheur-du-jour » illustre très bien ces meubles de Transition ; leur gradin déjà géométrique contrastant avec le galbe prononcé de leur piètement qu’ils conserveront tard dans le siècle.

          Inspirés de l’antiquité, les bureaux répondent sous Louis XVI à des formes plus rigoureuses, plus strictes et ils comprennent quelquefois, comme au siècle précédent, deux piles de tiroirs superposés. Les artisans du Directoire ayant fait en général leur apprentissage sous l’Ancien Régime conservent les lignes du style Louis XVI, mais ils transforment le décor ; celui-ci est souvent réalisé par des incrustations de motifs empruntés au vocabulaire antique. Une clientèle nouvelle plus à la recherche d’ostentation que de raffinement sera à l’origine de la lourdeur du style Empire.

          Celui-ci se traduit dans le secrétaire à abattant par des montants en colonnes terminées par des chapiteaux, des pieds en griffe de lion et un riche décor de bronzes d’applique se détachant sur l’acajou, bois employé à l’exclusion de tout autre. La perfection d’exécution du mobilier de la Restauration se retrouve dans ses secrétaires et petites tables à écrire plaqués de contrastes de bois clair et de palissandre. Sous Louis-Philippe, le secrétaire d’acajou ou de palissandre côtoient le bonheur-du-jour ; celui-ci peut être inspiré par la Renaissance, à double colonne ou plus couramment à pieds tournés. L’époque Napoléon III reprendra toutes les créations du XVIII ème siècle utilisant une marqueterie pauvre réalisée mécaniquement ou un vernis noir rehaussé de fleurs polychromes.

          Ce n’est qu’avec le renouveau du Modern Style et les créations d’Emile Gallé, de Louis Majorelle ou de Hector Guimard que bureaux et bonheur-du-jour se transforment, ils s’inspirent du domaine végétal jusqu’à évoquer la corolle d’un nénuphar. Puis de nouveau en réaction avec ces lignes sinueuses poussées à l’extrême, Ruhlmann imposera une grande austérité de lignes géométriques réalisant ses œuvres dans des bois précieux : loupes, ébène, macassar et ivoire. La place est probablement le facteur qui intervient le plus dans la création des meubles à écrire Contemporains ; nous y retrouvons tous les types, du grand bureau plat souvent dépourvu de tiroirs et accompagné des classeurs qui rappellent l’antique serre-papiers jusqu’au secrétaire à abattant désormais intégré à des éléments de rangement.

Bureau d'époque Louis XVI
Bureau d'époque Louis XVI


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