Restauration de Meubles

- Historique -

Historique des Pendules

Atelier Bence
9, rue Lejemptel
94300 Vincennes

E-mail : atelierbence@gmail.com
Accès au planAccès au plan

Tel : + 33 (0)1 43 98 24 91
Mobile : + 33 (0)6 60 17 30 71

Rabot


LES PENDULES

          A l'origine, il semble que les toutes premières horloges ne comportaient pas de cadran mais se manifestaient par des sonneries de cloches à intervalles réguliers. Le cadran gradué n'apparaît progressivement que dans le courant du XIV ème siècle. Il ne possède qu'une seule aiguille qui se contente d'indiquer les heures. La force motrice est fournie par un (ou plusieurs) poids qui actionne le mécanisme. Pour que le poids n'entraîne pas l'aiguille dans une course non contrôlée mais lui transmette un mouvement saccadé et régulier, un ingénieux système est mis au point : c'est l' «échappement» à roue de rencontre.

          Le rôle de l'échappement consiste donc à discipliner le mécanisme moteur en le stoppant puis en le laissant «échapper» à intervalles réguliers afin de transmettre ce mouvement saccadé à l'aiguille. Cette régularité parfaite (l'isochronisme) restera le soucis majeur des horlogers qui ne parviendront que lentement à l'obtenir au prix d'incessantes recherches et de nombreux perfectionnements. Le mécanisme à poids connaîtra un grand développement dans les horloges monumentales érigée pour la plupart dans les cathédrales.

          On ignore la nature exacte de leur fonctionnement car le mécanisme, toujours en fer, de celles qui ont subsisté a depuis longtemps été remplacé. Quelques unes, comme celle de Beauvais, sont mentionnées pour avoir conservé des éléments d'origine. Dans la plupart des villes d'une certaine importance s'élève également un beffroi communal dont l'horloge fait pendant à celle de l'église - et la concurrence. Ce beffroi est parfois surmonté d'un groupe d'automates sonneurs de cloches appelés «jaquemarts».

          A la même époque apparaissent les horloges d'intérieur ; elles doivent être accrochées au mur pour laisser au poids la hauteur nécessaire à sa course. Simples armatures de fer forgé laissant le mécanisme apparent, elles sont exécutées par des forgerons et des serruriers. Elles sont pourvues d'une boîte en laiton ou en cuivre enfermant le mécanisme et surmontées d'un petit campanile gothique contenant le timbre de sonnerie. En fait, ces modèles ne figurent encore que dans les demeures royales ou princières, tandis que les habitants des villes et des campagnes continuent à vivre au rythme des sonneries de cloches. Les horloges d'intérieur à poids d'époque gothique restent donc de nos jours rarissimes. En revanche, des modèles du même type, toujours actionnés par un mécanisme à poids, continueront d'être fabriqués et utilisés jusqu'au XIX ème siècle, principalement dans les provinces. Avec leur large cadran débordant surmonté d'un fronton découpé et ajouré, ils sont souvent désignés sous le nom d' «horloges lanternes». L'exactitude des premières horloges domestiques à poids ne constituait pas leur vertu première et il était constamment nécessaire de les régler à l'aide d'un cadran solaire.

          A l'origine, la pendule - ou plutôt l'horloge, son ancêtre - est avant tout un instrument scientifique réservé à quelques privilégiés. De perfectionnements en perfectionnements,elle deviendra indispensable à tous et bientôt sera fabriquée à un nombre incalculable d'exemplaire. Son existence et sa multiplication résultent d'une double fonction : informer et orner. Il s'agit, d'une part, d'un mécanisme complexe muni d'aiguilles qui indiquent l'heure, d'autre part, renfermant ce mécanisme, d'une «boîte» aux formes les plus variées, réalisée dans les matériaux les plus divers.

          La volonté de mesurer le temps remonte à la plus haute antiquité. Aux cadrans solaires, clepsydres et sabliers... ont succédé au Moyen Age les premières horloges mécaniques, innovation motivée par cette recherche constante de parfaite mesure du temps qui caractérise l'histoire de l'horlogerie. Celle-ci pourrait en effet se mesurer à une suite de perfectionnements, lente progression vers la précision qui a vu à chaque siècle son lot de découvertes, encouragées par les puissants de l'époque. En 1761, un certain John Harrison obtenait du gouvernement Britannique la somme équivalent aujourd'hui à 2000000 de dollars pour l'invention de la montre marine N° 4, qui permettait de déterminer la longitude en mer. Déjà en 1765, Louis XIV accordait au célèbre mathématicien Hollandais C. Huygens une pension de 6000 livres pour son ouvrage Horologium oscillatorium. Ce dernier avait révolutionné l'horlogerie en mettant au point, en 1657, la première horloge à pendule en s'appuyant sur les observations de Gallilée. Grâce à cette dernière innovation, l'horloge donne l'heure exacte au moyen de deux aiguilles sur un cadran émaillé, l'aiguille des minutes faisant alors son apparition. «Jusqu'à Huygens l'horlogerie pouvait être considérée comme un art mécanique qui n'exigeait que la main-d'œuvre, précisent en 1751 Diderot et d'Alembert, mais l'application qu'il fit de la géométrie et de la mécanique pour ses découvertes ont fait de cet art une science». La précision succède à l'approximation, et la pendule d'ameublement se perfectionne. Ses derniers progrès techniques dans la seconde moitié du XVII ème siècle coïncide avec l'apparition d'une petite pendule murale, pendule d'applique nommé Cartel. Ces petites «boites dans lesquellles on place des pendules» et qui «sont propres à la décoration des appartements» sont posées sur une console en forme de cul-de-lampe pour les premiers modèles ou directement fixées au mur pour les cadrans sertis d'une unique monture en bronze.

          Leur cabinet, caisse destinée à protéger le précieux mécanisme, adopte forme, matières et couleurs du mobilier environnant : marqueterie d'écaille et de cuivre pour les premiers modèles,incrustations de bois précieux, de corne verte ou teintée pour les plus recherchés. Omniprésent, le bronze dessine de riches ornements sculptés, motifs floraux, feuillages et rocailles ; traité en ronde bosse au sommet du cadran, il figure un Amour, un dauphin, des musiciens et autres figures allégoriques ou divinités antiques. La laque façon Chine (vernis Martin) ainsi que les motifs inspirés d'Extrême-Orient, ces petites chinoiseries alors à la mode, participent également au décor. Les plus grands noms du XVIII ème siècle sont associés à ces ouvrages, signés ou estampillés de bronziers tels Caffieri ou Saint-Germain mais également d'ébéniste en charge du cabinet. Le cadran, lui , porte le nom de l'horloger, auteur du mouvement : C. Balthazar, J-B. Baillon, F. Berthoud ou Le Roy pour les plus célèbres. En bronze doré ou émaillé, ce cadran, qui n'a été gradué que progressivement, est composé de cartouches juxtaposés, sertis dans une monture de cuivre à treize plaques d'émail blanc, soit une pour chaque heure et une treizième pour la partie centrale. Ce n'est que vers 1740 – 1750 que l'on peut voir se généraliser les cadrans en émail d'une seule pièce légèrement bombée. Les heures en chiffres romains et maintenant les minutes en chiffres arabes sont indiquées par de délicates aiguilles en acier ouvragées, souvent dorées, petites et fines tiges gardiennes du temps.

Pendule d'époque Louis XV
Pendule d'époque Louis XV


trait