Restauration de Meubles

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Historique des Bureaux à Cylindre

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Rabot


LES BUREAUX À CYLINDRE

          L'occasion pour nous de faire le point sur la cote de ce meuble nouveau, meuble de rangement avant d'être un meuble à écrire. Jusqu'à la fin du mois d'août, le château de Versailles accueillait les chefs d'œuvres de la collection Gulbenkian de Lisbonne.

          L'originalité de ce meuble, créé tardivement sous le règne de Louis XV et mentionné pour la première fois en 1760 dans l'inventaire des meubles de la couronne tient à son mécanisme de fermeture. Un cylindre, volet mobile qui s'abat ou se lève sur une série de casiers et tiroirs, ferme la caisse supérieure du bureau destinée à protéger les documents personnels. Sur les premiers modèles, ce cylindre est composé de lamelles articulées s'enroulant autour d'un axe logé dans la partie arrière du coffre; « Les fermetures de ces bureaux, indique Roubo dans l'Art du menuisier, se font par un nombre de petites alaises jointes ensemble retenues par une forte toile collée derrière ».

          On substitua rapidement à ce système de rideaux à lames, relativement fragile, un panneau rigide en forme de quart de cercle glissant dans des rainures disposées à cet effet sur les côtés intérieurs du coffre. Dans un souci de perfectionnement, on mit également au point un procédé qui permit d'étendre la surface de travail. Occupé par de nombreux casiers et tiroirs qui assuraient au modèle un succès certain, le bureau était en effet encombré de divers objets: écritoire, pendulette Aussi, sur certains modèles, coordonnait-on au déclic d'ouverture du cylindre, la sortie d'une petite tablette à écrire gainé de cuir permettant d'augmenter l'espace de travail. Ces diverses améliorations et autres complications assurèrent à certains ébénistes une grande renommée : ben d'abord, spécialiste des agencements ingénieux, qui avait trouvé à l'Arsenal un atelier d'expérimentation mécanique puis Roentgen dont Goethe dira à propos d'un de ses bureaux « Quiconque a vu un secrétaire de Roentgen, si ingénieusement construit, où, d'un seul coup l'on fait mouvoir un si grand nombre de ressorts, où le même geste libère à la fois le pupitre et l'encrier, le tiroir à lettres et la caisse, pourra concevoir la manière selon laquelle s'ouvrait le palais où je fus entraîné. Les premiers modèles, Louis XV et Transition, adoptent le galbe des meubles d'alors ; montants, cotés et ceintures dessinent des lignes courbes. Ils sont généralement munis de trois tiroirs, celui du centre en léger retrait.

          Sur un bâti de chêne, de tilleul ou de marronnier, la marqueterie se déploie abondamment en motifs géométriques ou médaillons au centre du cylindre ; en bois de rose ou d'amarante... elle dessine des feuillages, des fleurs, des attributs ou des scènes pastorales ; lorsqu'ils sont marquetés « toutes faces », ils trônent au centre de la pièce. Les bronzes mettent en valeur les lignes, les entrées de serrures, les sabots ou forment sur quelques rares modèles des appliques comme sur l'exemplaire du roi.

          Mais c'est véritablement sous le règne de Louis XVI lorsque le bureau à cylindre connaît son plein essor, que le type se précise. Des pieds droits, carrés ou ronds, lisses ou cannelés soutiennent un bâti aux lignes pures désormais rectilignes délicatement soulignées de filets de bronze ou de cuivre. Une tablette de marbre blanc ceinturée d'une galerie ajourée surplombe l'ensemble. L'acajou plaqué et l'acajou moucheté très apprécié supplantent alors la marqueterie traditionnelle également concurrencée par l'introduction des plaques de porcelaine. Le cylindre à panneau rigide plus résistant que le rideau à lamelles se généralise et l'on note que le type aux dimensions imposantes à l'origine tend à se faire plus petit pour l'appartement féminin.

Bureau à cylindre
Bureau à cylindre


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